Le Parlement a accepté une augmentation des exigences de fonds propres pour les grandes banques (voir ici). C’est une excellente nouvelle. Mais les propositions du conseil fédéral restent insuffisantes (voir ici) compte tenu du fait que la prospérité et la démocratie de la Suisse sont en jeu.(*)
Le projet du Conseil fédéral pour combattre le problème des banques trop grandes pour qu’on puisse les laisser tomber en faillite (too big to fail) laisse subsister un risque résiduel qu’on essaie de nous faire croire négligeable (comme pour les centrales nucléaires) alors qu’il est inacceptable. C’est pourquoi il faut aller beaucoup plus loin pour s’assurer que les fonctions vitales pour la Suisse soient préservées même en cas de faillite d’une grande banque. Quitte à démanteler l’UBS. Et il faut empêcher les grandes banques de spéculer avec de l’argent implicitement garanti par l’Etat.
Mais le lobby bancaire est très puissant. Au point qu’il est même parvenu à profiter de la catastrophe UBS pour obtenir que le conseil fédéral intègre un cadeau fiscal dans son projet.
(*) Souvenez-vous comment la démocratie suisse a été bafouée pour venir en aide à l’UBS, le parlement court-circuité et le peuple complètement écarté alors que les sommes mises en jeu étaient colossales : « Le gouvernement et la Banque nationale annoncent s’être mis d’accord sur un plan d’urgence d’un montant de 68 milliards de francs pour sauver UBS: 6 milliards prêtés par la Confédération pour fournir des liquidités à la banque et 62 milliards mis à disposition de l’institut d’émission pour libérer UBS d’une montagne de titres "toxiques" » (voir ici). Certes, le sauvetage de l’UBS a mieux tourné qu’on pouvait le craindre. Mais il faut tirer tous les enseignements de cet avertissement. Or la crise de l’UBS n’était pas la pire qui puisse survenir. Le sauvetage d’une grande banque peut coûter beaucoup plus cher. Une banque peut même être simultanément trop grande pour qu’on puisse la laisser tomber en faillite, et trop grande pour qu’on puisse la sauver.
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