Maintenant que le gouvernement grec a obtenu la confiance de son Parlement, que va-t-il se passer ? Le scénario le plus probable est que la Grèce apprendra à vivre dans ses moyens et fera à terme défaut aux dépens des contribuables des autres pays de la zone euro.
Grèce
Le Parlement grec votera la semaine prochaine en faveur du plan d’austérité. Le référendum qui sera organisé cet automne ne portera pas sur le plan d’austérité. Le gouvernement grec réduira le déficit public de la Grèce, mais pas au point de devenir solvable : il fera défaut lorsque son déficit primaire (déficit calculé en ignorant le paiement des intérêts de la dette) sera clairement nul et qu’il pourra donc se permettre de ne plus pouvoir emprunter. Le défaut se produira aussi tôt que possible après les élections allemandes.
Banques
Les banques seront poussées à s’engager «volontairement» à acheter de nouvelles obligations de l’Etat grec à la prochaine échéance de leurs obligations tout en accordant à l’Etat grec le cadeau d’un taux d’intérêt nettement inférieur au marché. Il sera plus facile de pousser les banques qui sont propriétés de l’Etat. La participation de banques véritablement privées sera faible, mais quelques grandes banques accepteront. Cela suffira pour amadouer le parlement allemand qui pourra ainsi dire à ses électeurs qu’il a obtenu quelque chose. On ne saura pas quel douteux cadeau ces banques auront reçu en échange.(*)
Autres pays de la zone euro
Vu les engagements de la Grèce et de quelques grandes banques, les pays de la zone euro et le FMI prêteront davantage à la Grèce. Lorsque la Grèce fera défaut, sa dette ne sera plus guère en mains privées, mais essentiellement entre les mains des autres pays de la zone euro. Ce sont donc finalement les contribuables de la zone euro qui passeront à la caisse. Pourquoi les Etats de la zone euro prêtent-ils à la Grèce s’il est évident qu’ils ne seront pas complètement remboursés ? Ces Etats sont menés par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel dont l’objectif est d’éviter que leurs contribuables doivent passer à la caisse juste avant les élections de 2012 et 2013. Ils cherchent juste à gagner du temps : peu importe que la somme que leurs contribuables devront payer augmente au fur et à mesure que le temps passe, tant que c’est après les prochaines élections. Le défaut prendra vraisemblablement la forme la plus camouflée : report ad eternam de la date de remboursement à taux d’intérêt dérisoire. Il n’est pas exclu que la Grèce quitte la zone euro au moment où elle fera défaut. Dans ce cas, il s’agira vraisemblablement d’une sortie concertée avec les autres pays de la zone euro dans le cadre d’un euro à deux vitesses : i) l’euro principal regroupant l’Allemagne et d’autres pays comme la France, et ii) l’euro périphérique que rejoindront la Grèce et éventuellement quelques autres pays. Cet euro périphérique sera vendu comme antichambre de l’euro principal.
(*) Une option consisterait à dire aux banques : si vous participez, alors nous resterons souples en matière de réglementation bancaire. Le fait que cela contribuerait à la prochaine crise n’est pas de nature à dissuader les gouvernements qui verront surtout que cela permettrait d’obtenir la participation privée que le parlement allemand exige pour sortir de la présente crise. Je ne pense toutefois pas que les banques accepteront cette contrepartie, car les pouvoirs publics ne disposent pas de moyens pour leur garantir de façon crédible qu’ils ne renforceront pas la réglementation bancaire une fois que les banques auront prolongé leurs engagements envers la Grèce.
mercredi 22 juin 2011
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2 commentaires:
Il y aura, ce que nous disons depuis bientôt 2 ans, au moins 2 €uro différents: celui du Nord et celui des pays de l'huile d'olive, le sort de la France n'étant pas encore scellé!!!
Pour la France: si je la vois avec la même monnaie que l'Allemagne, c'est d'abord à cause de son poids politique au sein de la zone euro.
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