La libre circulation pénalise le salaire des travailleurs résidants en Suisse en réduisant leur pouvoir de négociation.
Auparavant, les travailleurs tenaient le couteau par le manche en période de boom
Le pouvoir de négociation des travailleurs est naturellement limité en période de crise quand la crainte du chômage est omniprésente. Les travailleurs tiennent par contre le couteau par le manche en période de boom lorsqu’il y a pénurie de personnel. Ils peuvent alors obtenir des augmentations de salaires correspondant à l’augmentation de productivité.
La libre circulation affaiblit les travailleurs
Du moins tel était le cas avant l’entrée en vigueur de l’accord de libre circulation. Désormais, les travailleurs ne tiennent plus vraiment le couteau par le manche même en périodes de boom, car les patrons peuvent librement embaucher des travailleurs de l’étranger.(*) Les travailleurs souffrent donc en période de crise (la prochaine crise générera d’ailleurs d’autant plus de chômage que l’accord de libre circulation aura permis de prolonger la surchauffe), mais ne bénéficient plus autant des périodes de boom.
Les salaires sont moins élevés qu’ils l’auraient été en l’absence de libre circulation
Comme les salaires augmentent quand même un peu, certains prétendront que la libre circulation ne pénalise pas les salaires. Mais cette conclusion est fausse, car pour juger de l’impact de la libre circulation sur les salaires il ne faut pas comparer les salaires de cette année avec ceux de l’année passée, mais avec ce qu’ils auraient été en l’absence de libre circulation. Or il est clair qu’en l’absence de libre circulation le boom économique aurait engendré davantage de pénurie de main d’œuvre,(**) ce qui aurait donné davantage de pouvoir aux travailleurs dans les négociations salariales.
(*) En fait le pouvoir de négociation des travailleurs est tellement affaibli qu’ils peuvent même être contraints de travailler davantage pour le même salaire. Ainsi à Lonza : « les 2700 employés de son site de production de Viège devront travailler 43 heures par semaine en lieu et place des 41 heures habituelles. Et cela sans que les salaires ne soient augmentés. » (voir ici dans Le Temps).
(**) En supposant que les contingents d’immigration soient respectés.
samedi 2 juillet 2011
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