mercredi 15 mai 2013

Meurtre de Marie : on ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs


Jean-François Meylan, président du Tribunal cantonal vaudois : « Faire un équilibre, une balance des intérêts, en fonction des éléments du dossier, entre d’un côté la liberté personnelle et de l’autre côté la protection de la société » (minute 08:10).

En d’autres termes, il faut trouver un équilibre entre d’une part le plaisir des assassins (déjà condamné pour assassinat) d’être libéré et d’autre part l’inconvénient pour les victimes potentielles de se faire assassiner.

On dira qu’on ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs : si on veut relâcher des assassins, on prend le risque qu’il y ait des récidives. Mais à un moment donné, il faudrait se demander si on veut absolument faire des omelettes. Car les œufs, ce sont des victimes innocentes comme Marie et Lucie.

Les assassins doivent être enfermés à vie.

Et pour commencer, il faut appliquer l’initiative sur l’internement à vie adoptée en votation populaire.

 

Voir aussi mon article du 4 mars 2013 : Nous n’avons pas oublié Lucie Trezzini

dimanche 7 avril 2013

Le déficit démocratique européen

Le problème central de l’Union européenne, plus grave encore que ses déficits budgétaires, c’est son déficit démocratique.

Le peuple méprisé
D’habitude, il n’y a pas de votations populaires sur les grands sujets. Sauf parfois en Irlande, où ils doivent revoter jusqu’à ce qu’ils donnent la bonne réponse. Les Allemands par exemple n’ont jamais pu voter sur l’adhésion à la zone euro, bien qu’ils se trouvent maintenant être les premiers bailleurs de fonds des pays que l’euro a plongé dans la crise. Et quand les citoyens votent, leur décision est volontiers bafouée. Ainsi, à tire exceptionnel, parce que cela convenait à leur monarque (qui voulait diviser l’opposition), les Français ont pu voter sur la Constitution européenne. Bien qu’ils l’aient rejetée, on la leur a imposée (sous un autre nom et avec quelques modifications formelles).

Comment on nous enfume
Et pour commencer, il faut que les citoyens de chaque pays puissent décider en votation populaire quelle partie de leur souveraineté nationale ils sont d’accord de transférer au niveau de l’Union européenne. Tous ceux qui plaident pour davantage de démocratie dans l’Union européenne sans prévoir ce point cherchent simplement à nous enfumer.

Paul Krugman : l’euro est un piège

Paul Krugman, parlant de la Pologne : (*)

« une grande partie de ce succès relatif est clairement lié au fait que la Pologne a non seulement conservé sa monnaie, mais a laissé le zloty flotter. Par conséquent, durant les années de grands flux de capital vers la périphérie européenne, la Pologne a connu une appréciation de sa monnaie plutôt qu’un différentiel d’inflation, et elle fut capable de corriger le taux de change réel rapidement lorsque la crise frappa […] Alors que veulent faire les dirigeants de la Pologne ? Joindre la zone euro, évidemment. Cela vous donne vraiment envie de cogner votre tête contre un mur. Pensez à l’Espagne, l’Irlande et maintenant Chypre. De combien de faits avons-nous encore besoin [pour comprendre] que l’euro est un piège qui peut très facilement placer les pays sans bonnes options pour réagir à une crise ? ». (voir ici).

 
(*) Ma traduction de : « a lot of that relative success clearly had to do with the fact that Poland not only kept its own currency, but allowed the zloty to float. As a result, during the years of big capital flows to the European periphery, Poland saw a currency appreciation rather than differential inflation, and it was able to correct that real exchange rate quickly when crisis struck […] So what does Poland’s leadership want to do? Why, join the euro, of course. It really does make you want to bang your head against a wall. Think of Spain, Ireland, now Cyprus. How much more evidence do we need that the euro is a trap, which can all too easily leave countries with no good option in the face of crisis? ».

samedi 6 avril 2013

A bas les frontières, pas une île, souriez !

D’abord on nous convainc d’abattre les frontières. Lorsque les conséquences désastreuses se manifestent, on nous dit qu’il faut accepter comme une fatalité le fait que la Suisse n’est pas une île. Et finalement on nous dira que, puisqu’il faut l’accepter, autant l’accepter avec le sourire. 

A bas les frontières
On nous disait qu’il faut abattre les frontières et entrer dans l’espace Schengen. On voit maintenant les conséquences en termes de criminalité. Par exemple des truands venus de France qui viennent tranquillement cambrioler à Genève.

On nous disait la libre circulation des personnes. Il devient de plus en plus clair que cela conduira à une augmentation du chômage.

Et ce n’est qu’un début, car nos élus veulent abattre encore davantage les frontières.

Pas une île
Ces conséquences néfastes étaient niées durant les campagnes de votation, comme seront niées à l’avenir les conséquences d’une perte accrue de souveraineté que nos élus ne manqueront pas de promouvoir.

Mais il devient maintenant de plus en plus difficile de nier les effets néfastes des décisions passées. Alors on commence à changer le fusil d’épaule. On essaie de nous faire croire qu’il s’agit d’une fatalité : la Suisse n’est pas une île. Elle ne peut pas être à l’abri des bouleversements globaux. Il faut s’habituer au chômage et à la criminalité. Et l’on tente de faire oublier que l’essentiel de ces effets est dû à la décision de réduire les filtres entre la Suisse et l’Union européenne.

Souriez
Et puisque c’est une fatalité, dira-t-on, autant l’accepter avec le sourire. Lorsqu’on nous aura mis cela dans la tête, nous aurons complètement refoulé notre propre responsabilité.

mercredi 27 mars 2013

Une conseillère fédérale qui ne comprend pas grand-chose à la démocratie


Simonetta Sommaruga à propos de l’élection du conseil fédéral par le parlement plutôt que par le peuple : « Comme eux [les parlementaires] ils sont élus par la population, la démocratie elle joue parfaitement bien » (ici, à la fin de l’interview)
En voilà une qui ne comprend pas grand-chose à la démocratie. Si on suivait son raisonnement, on pourrait abolir la démocratie directe. Car après tout pourquoi le peuple vote-t-il directement sur des sujets ? Cela devrait être uniquement l’affaire des élus! Et comme ils sont élus par la population, la démocratie elle jouerait parfaitement bien.

lundi 4 mars 2013

Nous n’avons pas oublié Lucie Trezzini

Lucie a été assassinée le 4 mars 2009 par un récidiviste. Je tiens à témoigner toute ma sympathie à ses proches.

Les parents de Lucie se battent pour nous
Je remercie les parents de Lucie qui se battent pour les victimes potentielles, c’est-à-dire pour nous tous. L’assassin a finalement été condamné à l’internement à vie en octobre 2012 (il a toutefois fait recours au Tribunal fédéral, voir ici).

Pas dangereux
La responsabilité de la Justice dans cet assassinat est forment engagée. En effet, l’assassin avait déjà commis une tentative d’assassinat avant de tuer Lucie. La victime serait vraisemblablement décédée si elle n’avait agi aussi intelligemment et adroitement en dépit de ses blessures (voir le rapport Werren, pg 10). Le criminel avait été arrêté, mais a bénéficié de dysfonctionnements au niveau de l’exécution des peines et encore davantage au niveau de son jugement: le psychiatre avait conclu qu'il n’était pas dangereux! C’est ainsi que la Justice a laissé ce criminel libre d’assassiner Lucie. Le père de Lucie a porté plainte contre les autorités, mais cette plainte a été classée (voir ici). Les parents ont fait recours (voir ici). J’admire leur persévérance. Il est certes improbable que la Justice reconnaisse ses propres fautes, mais il est important que la procédure soit menée à son terme.
Pour davantage d'informations, voir ici.

dimanche 3 mars 2013

La démocratie menacée par le pouvoir de l'argent


Il faut absolument réfléchir sur comment gérer le rôle de l’argent dans les campagnes, que ce soit pour les votations ou les élections.
Acceptation de l'initiative Minder: une victoire pour la démocratie
L’acceptation massive de l’initiative anti-requins malgré les millions dépensés par les opposants durant la campagne constitue une victoire pour la démocratie. Que ceux qui croient qu’on ne peut rien faire contre les puissances de l’argent prennent acte de cet exemple où l’argent n’a rien pu contre le peuple.

Il y a quand même un problème
Il serait toutefois faux d’en conclure que l’argent ne pose pas un problème pour la démocratie. L'initiative Minder constitue en effet un cas extrême qui n’est pas nécessairement représentatif. Premièrement, il est vraisemblable que l’argent peut faire pencher la balance sur des sujets où l’écart entre les opposants et les partisans est moins grand. Deuxièmement, le rôle de l’argent était au centre des débats de cette initiative anti-requins. De grands patrons décidaient dans le cadre d’Economiesuisse de dépenser 8 millions pour faire campagne en faveur des rétributions faramineuses qu’ils s’étaient octroyés. Le caractère abject de cette démarche ne pouvait échapper à personne. On peut craindre par contre que sur d’autres sujets les citoyens soient moins conscients du rôle néfaste joué par l’argent durant les campagnes.